»Puis la voiture s'arrêta. C'était là! J'étais arrivé!...
»Le conducteur faisait vibrer sa mèche neuve à travers l'air, qu'il coupait méthodiquement.... Il me semblait, en vérité, que j'arrivais en triomphateur.
»La porte s'ouvrit. Une femme, la vieille Suzanne, que nous appelions simplement Zanne, ouvrit précipitamment la porte, et le doigt sur les lèvres, me regardant d'un œil gonflé de larmes, dit:
»—Pas tant de bruit!... Vous voulez donc la tuer!
»Mon cœur se serra si fort que je crus que j'allais tomber.
»Mais la vieille Zanne m'avait saisi dans ses bras. Elle était forte, la brave femme, forte de cette énergie que les cœurs honnêtes retrouvent pour secourir les douleurs des autres.
»J'avais à peine le pouvoir de murmurer quelques mots:
»Ma mère... en danger!... dites... dites vite!...
»—Ah! monsieur Martial, il y a vingt-quatre heures que nous vous attendons! Comme vous êtes en retard!... Au fait, c'est peut-être que les routes sont bien mauvaises!...
»Ah! comme ces âmes droites savent vous faire rougir! Leur honnêteté naïve tombe à plomb sur vos regrets et vos responsabilités! Elle ajouta: