»Il n'y avait pas à douter, c'était la mort!
»—Oh! je t'en prie, murmura-t-elle, viens près, tout près, que je t'embrasse... de tout mon cœur... comme autrefois.
»Elle me prit par les deux joues comme on fait à un enfant, et sur mon front brûlant, je sentis ses lèvres froides...
»—Que s'est-il passé? m'écriai-je. Il y a longtemps que tu es malade! Pourquoi ne m'as-tu pas appelé plus tôt?
»—Chut! fit-elle, ne parle pas si fort. Ma pauvre tête endolorie est devenue bien sensible... il ne faut pas m'en vouloir!... Mais parle tout bas... tout bas...
»Elle se tourna péniblement et adressant un signe à la vieille Zanne, qui regardait à travers ses larmes cette scène douloureuse:
»—Laisse-nous, ma mie, il faut que je cause avec lui... et tu sais... je n'ai pas de temps à perdre...
»Nous restâmes seuls. Je n'osais pas interroger. J'attendais.
»—Petit, reprit ma mère (c'était ainsi qu'elle m'appelait autrefois, avant que je l'eusse quittée), petit, ouvre le petit meuble là-bas.... Oui, c'est cela... le tiroir du haut.... Il y a une lettre, n'est-ce pas?... pliée... avec le timbre de Bordeaux.... Apporte-la... mets-la sur mon lit.... Merci!... tu es toujours gentil et complaisant comme autrefois.... Ah! mon pauvre Martial!
»Je me remis à genoux auprès de son lit.