La Brûleuse rit, ce qui lui donna l'occasion de montrer le plus horrible chevauchement de dents jaunâtres ou noires s'esbattant entre ses mâchoires.

—Écoute, reprit-elle, ça n'est pas tout ça. Mon petit Diou, il faut que tu me dises pourquoi vous démolissez ce moucheron-là, à petites doses, au lieu d'en finir, là, comme des gas, d'une seule fois!

Dioulou regarda autour de lui avec inquiétude:

—Tais-toi! et coupe-toi la langue plutôt que de sottiser comme ça; tu sais bien que je suis pas le maître.

—Ah! oui, y a l'autre! En v'là un qui me fait peur, moi qui suis pas poltronne, et qui mangerais un gendarme comme on avale un hareng saur... mais celui-là! brrr! rien que d'y penser, ça me fait froid dans le dos.

—Alors t'occupe pas du petiot!

—C'est l'autre qui veut?...

—Oui, c'est l'autre qui donne les ordres... y a pas à barguigner.... Donc, t'en mêle pas... tu me ferais avoir du désagrément, et donne-moi le poivreau...

—Le v'là! mais attends!

La bonne personne fit sauter le bouchon avec une chiquenaude, et, prenant un verre, le remplit jusqu'aux bords: