—Assez! s'écria Jacquot. Il me répugne d'entendre accuser celle qui fut ma mère...
—Bah! elle est morte... et il y a longtemps...
—Mais, mon père?...
—Celui-là, mon p'tit... n'y avait que la mère qu'aurait pu nous renseigner là-dessus... et je crois qu'elle n'en savait pas plus que nous....
Il eut un gros rire.
—A boire! fit Jacquot en pressant sur son front baigné de sueur sa main qui tremblait...
—Hé! va donc, p'tit! fit Dioulou en lui versant à pleins bords l'atroce liqueur. Faut pas se chagriner! La vie, c'est la vie! A chacun son lot! Et encore, t'es pas le plus malheureux... on aurait pu te jeter à la rivière comme un petit chat.... Pas de ça, au contraire, t'as trouvé un brave homme qui t'a recueilli, qui t'a élevé... un bon zig, enfin... ton oncle... qui a été pour toi un vrai père...
—Oui! oui! murmura le jeune homme, dont la tête s'alourdissait et qui avait peine à parler. C'est vrai que mon oncle a été bon pour moi...
—D'abord, il t'a fait éduquer.... Bigre! t'as pas à te plaindre... tu sais lire, écrire, compter, sans parler d'un tas de choses que tu t'es fourrées dans la tête, et quand tu le voudras, tu seras un monsieur!
Jacquot, à demi ivre, laissa échapper un éclat de rire: