—Bravo! moi aussi.
—Je déclare que mes intérêts souffrent, que la stagnation des affaires me cause un préjudice énorme, et je veux que ça change.
—C'est ça! il faut que ça change!...
—Donc, mes agneaux, le chef va venir. Il faut lui poser carrément nos conditions.
Cette proposition, en dépit de l'enthousiasme croissant, jeta un léger froid dans l'assistance. Mais Muflier était trop bien lancé pour s'arrêter en si beau chemin. A ce moment, Dioulou, qui, depuis le commencement de ce mémorable entretien, était resté auprès du comptoir dans une attitude quasi indifférente, se rapprocha du groupe en écoutant attentivement.
—Il n'y a pas à tortiller, reprit nettement Muflier, nous sommes des hommes d'action, il nous faut pour chef un homme d'action.
—Le Bisco a fait ses preuves, dit la Baleine en intervenant tout à coup.
—Ses preuves!... eh bien! et nous donc!... Ah çà! est-ce que par hasard nous n'avons pas fauché le pré et mangé la gourgane aussi bien que lui?...
—Oui, mais il vous a fourni des affaires superbes, et ça n'est pas sa faute si vous avez mangé tout ce que vous avez gagné...
—Fallait peut-être faire des économies pour faire plaisir à môsieu, articula la voix glapissante de Goniglu.