—Enfin, qu'est-ce que vous voulez? demanda Dioulou.
—Ce que nous voulons, ma petite Baleine, répliqua Muflier, dont la voix prit une intonation ironique, nous voulons qu'on ne nous traite plus en esclaves, en chiens, nous voulons qu'on daigne se souvenir que nous existons...
—Sinon?...
—Sinon nous verrons ce que nous avons à faire... ça ne te regarde pas...
—Et pourquoi cela? Est-ce que je ne suis pas un Loup comme vous?...
—Tu es un Loup, soit, mais tu n'as d'yeux que pour le singe, c'est ton roi, ton dieu; tout ce qu'il fait est bien fait.... Puisque vous êtes si malins, faites vos affaires vous-mêmes...
—Et qu'est-ce que vous deviendrez?
—Voilà-t-il pas! Comme si nous ne pouvions pas vivre sans personne.... Parbleu! nous resterons Loups comme devant, seulement nous n'aurons plus de maître...
—Et vous me ferez pincer au premier coup... Tenez, fit Dioulou avec colère, vous êtes des ingrats... Qu'est-ce qui vous a fait sortir du bagne? c'est le singe! Qu'est-ce qui t'a tiré de prison, toi, Goniglu? c'est le singe!... Qu'est-ce qui t'a aidé à brûler la politesse aux gendarmes, toi, Maloigne? c'est lui, toujours lui!
Un murmure sourd répondit à ce plaidoyer.