—Je te prie...

—Les sentiments sont libres. Adore-le, si tu veux, seulement....

Biscarre scanda sèchement chacune de ses paroles:

—Seulement, si jamais tu tentais contre moi la moindre trahison, si tu te permettais, en quelque circonstance que ce fût, de contrecarrer mes projets, d'avertir Jacquot des périls qu'il court, je te donne ma parole—et tu sais que je la tiens—que je te punirais de telle sorte que pas un lambeau de ta chair n'échapperait aux tortures....

La voix de Biscarre avait pris un accent sourd et effrayant.

—Pas une fibre de ton être qui ne fût douleur! pas une parcelle de toi-même qui ne me donnât tout son sang! Maintenant tu es averti, va....

Dioulou était resté immobile. Sa face bestiale s'était couverte d'une pâleur terrifiée. Oui, il connaissait Biscarre. Il avait peur!

—Je te promets... je t'assure... commença-t-il.

—Je n'ai pas besoin de tes serments. Tu me crains, cela me suffit. Un dernier mot. Dès aujourd'hui, tu vas quitter le cabaret de l'Ours vert.

—Ah! et qu'est-ce que je ferai, alors?