—Et cette femme?
—Il l'a suivie et il sait son nom.
—Parle donc! Ce nom?...
—Cette femme est la marquise Marie de Favereye....
Biscarre lança un coup de poing sur la table.
—Malédiction! Oui, tu as raison. Il n'y a pas un instant à perdre.... Je ne sais rien.... Je ne devine rien... Oh! tenterait-on, par hasard, de lutter contre moi?...
Les traits de Biscarre étaient convulsés. Il semblait qu'il suffît de prononcer le nom de Marie de Favereye pour réveiller en lui toutes ses fureurs de damné.
Dioulou le regardait avec une sorte d'effroi.
—Enfin, que décides-tu? demanda-t-il.
Biscarre s'arrêta et réfléchit un instant, puis il alla à son bureau et frappa deux fois sur un timbre. Or, à ce moment, un des employés de la banque Mancal, à bouts de manches en lustrine, à lunettes bleues, était justement occupé à régler le compte d'un honnête bourgeois qui le remerciait vivement de sa complaisance. Le fait est qu'à l'inverse des fonctionnaires—dont nous avons déjà eu l'occasion de constater l'esprit grincheux et la politesse infinitésimale—les employés de M. Mancal déployaient, dans leurs rapports avec le public, une aménité devenue presque proverbiale.