Il y eut un moment de silence.

—Avouez-vous? demanda sir Lionel.

Le Bisco baissa la tête, et comme obéissant à la crainte, il dit doucement:

—Je comprends tout... j'ai été trahi... je suis en votre pouvoir...

—Vous vous résignez bien vite, ce me semble, dit Archibald. Je vous avertis que votre soumission m'est grandement suspecte... Évidemment vous cherchez en votre cerveau fertile quelque moyen de nous échapper... mais veuillez vous convaincre que toute tentative serait inutile.

—Au moindre mouvement, je vous brûle la cervelle, ajouta sir Lionel, qui aimait les expressions nettes et précises.

Le Bisco parut réfléchir un moment.

—Écoutez-moi, dit-il. Je connais assez la vie pour comprendre que lorsqu'une partie est perdue, c'est folie que de s'acharner à combattre. Si vous savez qui je suis, je n'ignore pas moi-même quels sont les deux hommes qui se trouvent devant moi.

—Hein? vous nous connaissez? firent les deux hommes surpris.

—Qui ne connaît le marquis Archibald de Thomerville, le premier sportsman de Paris... qui jadis oui, je crois, une aventure d'amour, à la suite de laquelle il tenta de s'empoisonner, ce qui explique l'étrange pâleur répandue sur son visage?