—Il est vrai que ces détails ont occupé pendant quelques jours l'attention publique... je m'explique donc qu'ils ne vous soient pas inconnus.
—Non plus que cet autre acte de désespoir qui vous a défiguré, sir Lionel Storigan... alors que, trompé par celle qui devait porter le nom de duchesse de Torrès, vous avez tenté de vous briser le crâne d'un coup de pistolet.
—Je vois, fit sir Lionel, que vous possédez admirablement les annales de la vie parisienne; en tout cas, si jadis ma main a trompé ma volonté, soyez certain qu'il n'en serait pas de même aujourd'hui....
Le Bisco paraissait avoir repris son assurance.
—Sachant donc quels sont les deux personnages qui se sont introduits chez moi, je suis certain de n'avoir pas à redouter un assassinat, et je devine qu'il s'agit de conditions à m'imposer.... Je vous l'ai dit, à partie perdue, il n'est pas d'autre recours que le payement de sa dette.... Ces conditions, je les attends... et il est plus que probable qu'elles sont acceptées d'avance...
—Vous avez peur?
—Parbleu!... je suis seul et sans armes... à la moindre tentative de résistance, vous me logez une balle dans la tête. Je ne crois même pas qu'il y ait là de véritable lâcheté... Allons plus loin!... vous me considérez comme un bandit, je ne me fais pas à cet égard la moindre illusion; vous ne pouvez donc exiger de moi l'héroïsme des honnêtes gens. Vous voyez que je suis franc. Maintenant, je vous écoute.
La voix de Biscarre avait repris sa netteté. Archibald, toujours défiant, se demandait quel piége pouvait cacher cette apparente soumission.
—Vous êtes notre prisonnier, dit-il.
—Que prétendez-vous faire?