Ces paroles atroces sifflaient entre ses dents serrées.

C'était l'ironie féroce dans toute sa hideur.

Marie s'était laissé tomber sur les genoux; elle ne pleurait pas. Une angoisse effrayante tenaillait son cœur.

—Je l'ai tué, répéta Biscarre, parce qu'il s'est trouvé sur mon chemin. Aujourd'hui, comme autrefois, je croyais que le bourreau aurait accompli ma tâche en le frappant; il s'était évadé, sans doute, et l'amant dévoué était accouru vers sa maîtresse pour lui apporter la bonne nouvelle.... Heureusement, j'étais là!... et Jacques est mort!

—Mon Dieu! prenez pitié de moi! dit Marie, qui, de ses ongles, meurtrissait sa poitrine.

Tout à coup, elle se redressa, et regardant Biscarre en face:

—Eh bien! assassin! s'écria-t-elle, achève ton œuvre... frappe-moi! maintenant.

—Vous tuer! moi! Ah! tonnerre! vous ne me connaissez pas.... Oui, j'ai tué votre amant... mais vous, Marie de Mauvillers, ce n'est pas par le meurtre que je me vengerai de vous...

—Vous venger! vous parlez de vengeance!... Mais pourquoi?... que vous ai-je fait?...

—Ce qu'elle m'a fait! cria le forçat. Elle le demande!... Attendez, Marie, vous avez oublié... mais moi, je me souviens... et puisqu'il faut aider votre mémoire... je vais vous satisfaire....