Six heures venaient de sonner.
Dans la prison de la Grosse-Tour, un homme était assis sur un banc de pierre, s'accoudant au parapet qui dominait la rade.
Déjà, glissant sur la mer, une lueur blafarde annonçait le jour. Les nuages avaient été chassés par le vent plus violent et plus froid.
On entendait le cri des sentinelles. Tout à coup, un reflet rouge éclaira le ciel, un coup de canon retentit.
—Bon! encore une évasion! murmura l'homme.
Deux autres détonations éclatèrent. On venait de constater au bagne la disparition de Biscarre.
—C'est le jour aux évasions! ajouta Pierre Lamalou en haussant les épaules.
Il se pencha vers la rade, plongeant son regard dans la profondeur unie et noirâtre.
—Bah! un forçat de perdu, un de retrouvé. Mon brave Lamalou, on te fait de la place.
Il passa sur ses yeux sa main large et velue. Une grosse larme roula sur sa barbe inculte.