Déjà la prison s'animait.

Les sentinelles avaient été relevées.

En vain Lamalou, presque sans se rendre compte de ce qu'il faisait, prêtait l'oreille, attendant qu'un cri, un appel lui rendît le repos.

Pauvre homme! il pensait à sa femme, à ses petits enfants qui, le lendemain, demanderaient où était leur père.

Il se disait aussi que peut-être on aurait pitié de lui. Peut-être ne ferait-on pas retomber sur lui la responsabilité de l'évasion....

Certes, si on eût vécu en des temps moins troublés, la chose eût été possible. Mais il s'agissait de politique. En fait de droit commun, on peut encore compter sur l'indulgence, sur ces sentiments d'humanité qui restent au fond de toute âme. Mais en fait de guerre civile!... N'insistons pas.

Lamalou n'était pas un niais. Dans la sphère étroite où il avait vécu, en face de la mer, il avait appris à connaître les hommes.

Il se savait perdu.

—Ça y est! murmura-t-il.

Il éteignit sa pipe, ajusta son manteau, poussa un hem! hem! pour se donner du cœur, et, d'un pas ferme, il se dirigea vers le cachot du condamné.