—Que voulez-vous dire? s'écria-t-il involontairement. Avez-vous donc obtenu de la baronne....

—Qu'elle parlât pour vous? C'est aller un peu vite en besogne. Cependant....

Il s'arrêta. Il voyait bien que dans cet assaut de faussetés, il avait l'avantage, et il tenait à en profiter le plus longtemps possible.

—Parlez donc! s'écria de Belen.

—Si j'hésite, mon cher duc, c'est par un sentiment de superstition qu'il me faut avouer. Je n'aime pas, lorsque je tente l'exécution d'un plan mûrement combiné, expliquer par le menu les moyens dont je prétends me servir... Cette indiscrétion vis-à-vis de soi-même porte souvent malheur....

—Alors, que venez-vous me parler de mon prochain mariage?...

—Je vous prouve que je ne vous oublie pas... Depuis notre dernière entrevue où vous vous êtes laissé entraîner à me dire quelques duretés, que vous regrettez, j'en ai la conviction, j'ai beaucoup réfléchi... et le premier mouvement d'irritation passé, je me suis dit qu'après tout, vous étiez mon meilleur... disons mieux, mon seul ami, et que ce m'était un devoir de me mettre à votre service comme vous étiez au mien....

—Que de phrases, bon Dieu! s'écria de Belen avec impatience.

—J'arrive au fait. Je vous ai promis de vous aider à vaincre l'opposition que ma femme mettait à votre mariage avec Lucie de Favereye... et j'ai déjà, j'en suis certain, obtenu dans cette voie d'excellents résultats... Pardonnez-moi de ne pas m'expliquer davantage....

De Belen le regarda avec une défiance non dissimulée.