—Je suis heureux de vous voir, fit de Belen, qui répondait à ses propres pensées.

Puis, regardant attentivement Silvereal, dont le visage était admirablement composé:

—Mais, en vérité, mon cher baron, vous semblez tout joyeux.... Avez-vous donc quelque raison de vous réjouir?

—Le mot est peut-être trop fort, fit Silvereal en souriant et en découvrant ses dents longues et aiguës; cependant je déclare que, sauf détails sans importance, j'ai tout lieu de me déclarer satisfait.

—Tant mieux pour vous. Peut-être n'en est-il pas de même pour moi!

—En vérité! s'exclama le baron avec les marques du plus profond intérêt. Serait-il survenu dans votre existence quelque embarras subit?

—Peut-être!

—Impossible. La fortune vous sourit avec une persistance à laquelle la capricieuse ne nous a guère habitués. Vous êtes honoré, vous êtes riche... et, enfin, vous allez être dans peu de temps l'heureux époux d'une des plus jolies et des plus riches héritières de Paris.

De Belen ne put réprimer un tressaillement. Cette allusion à ses desseins sur Lucie de Favereye le touchait en plein coeur... à supposer que le mot—coeur—pût s'appliquer au viscère qui opérait son mouvement régulier dans la poitrine du duc.

Il se souvint tout à coup de l'engagement pris quelques jours auparavant par Silvereal.