Bibet frappa sur l'épaule de Dioulou.

—Toi! mon vieux, t'as de la poigne! t'as du chien... tu veux manger, pas vrai? Viens avec moi... Nous irons nous poster sur la route... en face la barrière. Voilà l'heure où il va passer des maraîchers, un tas de feignants qui viennent gruger le pauvre monde à Paris... ils viennent vendre... ils viennent acheter... ils ont tous une sacoche plus ou moins lourde... mais à c't' heure-ci faut pas être regardant... nous en pigerons un... et bing! pendant que tu le tiendras, je lui enverrai un joli coup de surin dans le dos... et en avant la noce! Ça te va-t-il?

—Non, fit Dioulou.

Bibet laissa échapper un juron énergique.

Et sans doute il allait chercher dans son honnête conscience de nouveaux arguments pour ébranler la résistance de Dioulou, quand tout à coup, à travers le sifflement du vent, un bruit rauque, semblable au hurlement d'un hibou, parvint jusqu'à la fosse.

Truard et Bibet se dressèrent.

—As-tu entendu? fit Truard.

—Parbleu!

—C'est Maloigne qui avertit.

—Alors il y a quelque chose....