Dioulou parut n'avoir pas entendu. Il regardait toujours et ne faisait pas un mouvement.
—Veux-tu sortir de là, gibier de potence? fit l'autre, ou nous te tirerons de là par morceaux....
Même silence, même immobilité.
—Ah çà! es-tu sourd ou idiot? reprit l'homme. Allons! vous autres, les cordes en main et sautez-moi là dedans. Vous, les camarades, ajouta-t-il en s'adressant aux soldats, s'il cherche à s'échapper, quittez dessus... et raide!
Trois agents, des plus robustes et des plus courageux, avancèrent à l'ordre. Du regard ils mesurèrent la profondeur de la fosse. L'un d'eux, d'un seul élan, se jeta dans le trou et saisit Dioulou au cou.
Mais au même instant, par un mouvement brusque, pareil à celui que fait un sanglier quand il secoue les chiens suspendus à ses flancs, Dioulou se redressa, et empoignant l'homme à la ceinture, il le lança hors de la fosse comme il eût fait d'une balle de laine. Le malheureux poussa un cri et resta sur le sol, comme une masse. Il était blessé.
—Malédiction! cria le chef.
Et, dans sa rage, il déchargea un de ses pistolets sur Dioulou.
Le colosse ne broncha pas. Il n'était pas touché.
—Allons! les autres! faut-il que j'y aille moi-même!