—Je ne veux pas être tenté.

Mais la lutte était impossible... le sang qu'il perdait épuisait ses forces. Il avait quelques pas d'avance... c'était tout....

Il se sentit saisi....

Il était alors sur la rive du ruisseau fétide... d'un heurt d'épaule il se dégagea, et un corps roula dans l'eau....

Il fut libre encore une fois... Un petit pont de bois traversait la Rivière morte, menant à un moulin dont la roue énorme, immobile comme un animal fantastique, se profilait dans les ténèbres....

Dioulou bondit sur le pont, suivi par la meute ardente et furieuse... Il atteignit la plate-forme du moulin... puis se retournant, il se baissa, saisit une planche entre ses doigts énormes....

La planche craqua. Il eut un accès de fureur folle... il s'acharna dans un effort surhumain... tout se brisa... les planches tombèrent dans l'eau... la communication était coupée....

Les autres avaient reculé avec terreur... une chute dans la Rivière morte, avec cette nuit au-dessus et cette ombre noire au-dessous, semblait effroyable....

Communication coupée! oui, mais coupée aussi toute retraite... Dioulou était acculé à la roue du moulin, fixée par ses écrous. Il eut l'idée de gravir, en s'aidant de ses poings et de ses dents, l'espèce d'escalier vertical que formaient les aubes... mais ses poings glissaient sur la mousse verdâtre....

Et tout à coup, les bras étendus, il tomba en arrière....