Le chirurgien lui prit le bras, consulta le pouls, puis plaçant son oreille sur la poitrine, écouta longuement le bruit de la respiration.
—Il le peut, répondit-il enfin.
Puis se tournant vers un interne:
—Vous visiterez soigneusement, reprit-il, l'appareil posé sur la blessure du malade: il est de toute importance qu'il ne se dérange pas. Vous m'entendez, continua-t-il en s'adressant à Dioulou, évitez tout mouvement brusque; une imprudence pourrait vous coûter la vie.
Dioulou inclina la tête pour indiquer qu'il avait compris.
—Vous êtes décidé à ne tenter aucune résistance? demanda encore le chirurgien.
Un sourire navrant effleura les lèvres du malade; et, tirant des draps ses bras amaigris, il les considéra longuement.
Évidemment il exprimait le découragement profond qui s'était emparé de lui... il n'avait plus confiance dans sa force... la résistance!... il n'y songeait plus.
—A quelle heure part le malade? dit l'interne.
—Dans quelques minutes... le panier à salade est en bas, répondit un de ceux qui se trouvaient là.