Il se roidit contre cette impression. Il tenta de ressaisir son énergie. Après tout, il savait de longue date que cette heure pouvait venir. Il n'était pas un enfant.
Pourquoi avait-il peur? Il avait bien eu le courage de frapper!...
Assassin! Ce mot lui vint aux lèvres, et ses mains furent agitées d'un tremblement convulsif. Il les regarda, comme s'il se fût demandé si réellement c'était bien ces mains-là qui s'étaient ensanglantées de sang innocent....
—Descendez! dit une voix rude.
Il obéit. Puis il se trouva dans un couloir, entre des murs hauts et lisses. Un gendarme marchait devant lui, le tenant au poignet par une chaînette de fer.
Il le suivait machinalement, gravissant les marches d'un étroit escalier de pierre. Enfin, ce fut une grande salle, autour de laquelle s'ouvraient des portes. Le gendarme marcha encore: il alla, et entra dans un cabinet spacieux, éclairé par de grandes fenêtres.
Derrière un bureau, un homme était assis, qui ne leva même pas la tête, occupé qu'il était à compulser des dossiers. C'était M. Varnay, juge d'instruction. A côté, devant une petite table, un greffier, qui examinait l'accusé avec attention.
Le gendarme déposa sur le bureau l'ordre d'instruction et se remit au port d'armes.
—C'est bien, fit le juge sans regarder. Gendarme, vous pouvez vous retirer.
Dioulou resta seul, debout....