—Morte dans d'épouvantables tortures, continua le juge. Mais ce que vous ignorez sans doute, c'est qu'avant de succomber, elle a eu quelques moments de lucidité... et qu'elle a raconté de quelle façon était arrivé... l'accident qui lui coûtait la vie....

Dioulou ne bougea pas.

—J'ai dit accident... le mot est inexact. Car cette femme a été la victime d'un crime horrible, si épouvantable que, malgré les fautes de cette misérable créature, on se sent pris, malgré soi, d'une profonde pitié... On m'a dit que vous l'aimiez beaucoup?

—C'est vrai, fit Dioulou dans une sorte de râle.

—Ecoutez donc ceci: c'est un procès-verbal dressé par un magistrat, relatant sa dernière déclaration....

Et il fit signe au greffier de donner lecture d'une pièce qu'il lui remit. Le greffier, de sa voix monotone et nasillarde, commença sa lecture:

«Cejourd'hui, nous, N..., substitut de M. le procureur du roi, nous nous sommes transporté dans une maison de la rue des Arcis. Là, dans une chambre du premier étage, nous avons trouvé, étendue sur un grabat, une femme en proie à d'atroces souffrances, par suite de blessures reçues dans un incendie.

»Trois personnes charitables entouraient cette femme, et c'était l'une d'elles, la marquise de F..., qui nous avait envoyé un exprès, à l'effet de nous appeler pour recueillir les dernières déclarations de cette femme.

»Nous nous sommes approché de ce grabat, et ayant fait connaître à la moribonde nos titres et qualités, nous avons procédé à son interrogatoire comme suit:

»D. Comment vous nommez-vous?