Et cependant, il n'y avait pas à contredire l'évidence. Mais comment, de quoi Diouloufait était-il mort? Son visage révélait une complète placidité. Il était passé de vie à trépas sans secousse, sans agonie. Les infirmiers déclaraient qu'il n'avait pas sonné, appelé à son aide.
Le service médical tout entier était réuni autour de son lit et on examinait le cadavre avec un soin minutieux. Les blessures étaient complétement cicatrisées. Il ne pouvait être question d'épanchement sanguin.
Le médecin en chef déclara que l'autopsie était indispensable. Le corps ne présentait aucun des caractères qui révèlent la congestion.
Le directeur, après avoir espéré vainement que la science ranimerait le pauvre Dioulou, n'eut plus qu'une pensée: prévenir de la part de la justice toute enquête qui lui porterait tort.
Le plus simple était d'aller de soi-même au-devant du danger.
Donc, il courut chez le juge d'instruction, auquel il révéla le fatal événement. Par bonheur pour lui, M. Varnay était très-préoccupé actuellement d'une affaire des plus délicates et qui absorbait toute son attention.
Il reçut donc la nouvelle avec une parfaite indifférence, et sans l'insistance du directeur, il eût très-probablement négligé de signer l'ordre d'autopsie:
—Croyez-vous donc qu'on l'ait empoisonné? demanda-t-il en riant.
Le directeur balbutia quelques phrases au nom de la science, puis sortit du cabinet pour se rendre à la préfecture où tout fut régularisé.
L'autopsie devait avoir lieu le lendemain matin.