Alors ils avaient crié, appelé, interrogé.

Un bâton ne vient pas tout seul. Il suppose une main, donc un bras, donc une tête, donc une bouche.

Mais la bouche restait muette à leurs supplications, et le bras se retirait. Et dans les ténèbres, collés l'un contre l'autre, désolants et désolés, les deux camarades se partageaient le pain du malheur.

Muflier avait des révoltes. Alors c'étaient des fureurs à ébranler les tours Notre-Dame. Mais les voûtes qui les enserraient étaient solides.

Pourtant ils ne voulaient pas mourir.

Ils se sentaient encore pleins de vitalité: ils étaient décidés à résister jusqu'au bout....

Quand viendrait ce bout?

Pour toute distraction, ils avaient le combat des rats. A la fin, cela devenait monotone, d'autant plus que toutes les fois qu'ils s'assoupissaient, ces bêtes, lâches et sournoises, profitaient de leur impuissance pour grignoter leurs vêtements, assaisonnés d'un tantinet de chair fraîche.

A l'heure où nous retrouvons nos amis, le découragement commence à s'emparer d'eux. Leurs âmes blindées ont reçu des secousses trop vives. Ils ne se voient pas, mais ils se regardent, et leur conversation ne se compose que de soupirs entrecoupés d'interjections:

—Oh! ma vie pour un verre de vieille! murmure Muflier.