Muflier et Goniglu ne faisaient partie, il faut le dire, que de la plèbe des Loups. C'étaient des affiliés, moins que cela, des instruments.

Ce tribunal effroyable tenait ses assises rouges dans les cryptes de l'Hôtel-Dieu, dans ces souterrains depuis longtemps murés et dont à Paris nul ne soupçonnait l'existence.

—Accusés Muflier et Goniglu, levez-vous, dit le président, et écoutez.

Ce président n'était pas Biscarre.

C'était une autre célébrité des bagnes qu'on appelait Pierre le Cruel.

Les deux hommes obéirent.

Le greffier commença sa lecture: c'était un document rédigé dans la forme judiciaire et dans lequel—détail des plus curieux—étaient visés les articles du Code d'instruction criminelle. A vrai dire, ce n'était pas une parodie de la procédure régulière. Ses agissements étaient suivis pas à pas, et eût-on fermé les yeux pour écouter qu'on se fût cru transporté dans une de ces audiences solennelles où la société se défend contre le crime.

Nous ne reproduisons pas cette pièce, qui, en somme, ne reposait que sur des faits exacts et visait des détails déjà connus des lecteurs.

Rien ne pouvait mieux prouver l'habileté de la police que la direction supérieure des Loups de Paris avait à sa disposition.

Tout était relaté: l'enlèvement des deux amis, leur séjour à l'hôtel de Thomerville, leur trahison.