»Disons, en outre, que les Assises rouges seront appelées à statuer sur les faits, à recueillir tous témoignages de nature à faire connaître la vérité, et finalement à prononcer contre Biscarre les peines qu'il a encourues.
»Fait à Paris, en la cité des Loups, le... 184...»
Le procureur salua le tribunal et s'assit.
Diouloufait était toujours immobile.
Le président prit la parole.
—Diouloufait, dit-il, vous avez entendu. Le tribunal est requis de recueillir, par tous les moyens possibles, les renseignements qui paraîtront nécessaires à son édification. Êtes-vous prêt à répondre aux questions qui vous seront adressées?
—J'attends, dit le colosse. Interrogez-moi!
—Diouloufait, vous êtes le compagnon inséparable de Biscarre, et votre intimité vous donne droit à toute sa confiance. Mais au-dessus de l'amitié qui vous unit à lui, il y a les lois de l'association qui garantissent la sécurité de tous et de chacun. Donc, votre devoir n'est pas douteux: nous vous ordonnons de répondre en toute franchise. Où se trouve Biscarre?
—Je n'en sais rien, dit nettement Diouloufait.
—Attendez!... peut-être regretterez-vous tout à l'heure de vous être laissé entraîner dans la voie des mensonges. Il faut d'abord que vous sachiez tout. Nous n'ignorons pas que lors de votre comparution devant le juge d'instruction, vous avez affirmé tout d'abord que Biscarre était mort. C'était votre devoir, et nous ne pouvons vous blâmer d'avoir refusé toute dénonciation. Mais ici ce système ne saurait prévaloir. Mentir à la justice est utile; ici, vous devez déclarer la vérité. Or, vous savez si bien que Biscarre est vivant, que vous n'ignorez pas les circonstances de la mort de la Brûleuse, tuée par le roi des Loups. Je répète donc ma question et je vous demande où se trouve Biscarre.