Puis le président étendit la main:

—Au nom de la sécurité de tous, compromise par les agissements de Biscarre, roi des Loups, nous décidons que Diouloufait, traître au serment qu'il a prêté, sera contraint par la force de livrer au tribunal le secret qu'il refuse de faire connaître volontairement.

Un long silence suivit cet arrêt.

Muflier et Goniglu se poussaient du coude: ils étaient livides. Peut-être cette première exécution n'était-elle qu'un prélude... De fait, ils avaient peur.

Tout, dans cette sinistre procédure, leur rappelait la terrible responsabilité qu'ils avaient encourue. Si Diouloufait était menacé de mort pour refuser de livrer un secret, quel ne serait pas leur châtiment, à eux qui avaient trahi!

Cependant le président avait fait un signe. Et deux hommes étaient venus se placer aux côtés de Diouloufait.

Il regardait devant lui, les yeux fixes, sans prononcer une parole.

Une porte latérale s'ouvrit, et deux autres hommes parurent. Ils supportaient une sorte de brasero rempli de charbons incandescents.

Un frémissement de curiosité sauvage courut dans la foule des maudits. Les Loups sentaient qu'un homme allait souffrir, et leurs instincts de fauves se réveillaient.

Le brasero fut déposé aux pieds de Diouloufait.