Il n'avait pas été sans entendre parler de Bopp et de Crawford. Il lui arrivait même quelquefois de lire ses propres opuscules, ce qui lui donnait une légère teinture de la science des autres.

Il pria le secrétaire général du ministre de l'autoriser à adresser quelques mots à Exupère, et, demandant cela, il clignait de l'oeil, comme pour dire:

—Vous allez voir quel homme je suis!...

Et il interrogea bravement Exupère sur les langues sémitiques. Exupère fut d'abord enchanté. Le secrétaire lui avait fait comprendre que c'était là une épreuve décisive, et l'avait averti qu'il se trouvait en face d'une des lumières de la science... dans la crainte sans doute qu'il ne fût subitement aveuglé.

Exupère écouta de toutes ses oreilles, qu'il avait fort longues....

L'autre parlait lentement, mâchonnant des paroles incohérentes qu'il voulait faire passer pour des citations des Védas....

Exupère eut un éblouissement.

Quel était ce galimatias? Pourtant, pouvait-il supposer que ce vieillard souriant, et qui avait une magnifique chaîne de montre, se plût à le railler?

Mais l'autre avait parlé d'abord pour le personnage officiel, imitant le médecin de Molière qui dit:

—Savez-vous le latin? Ah! vous ne savez pas le latin? Attendez!...