—Je vous écoute, monsieur.

—Madame, c'est par le baron de Silvereal que j'ai eu l'honneur de vous être présenté... et ce m'est une précieuse recommandation auprès de vous, je n'en puis douter.

Silvereal sourit. La marquise se tut.

—Je possède un grand nom, madame. Les de Belen, dont le nom, entre parenthèses, rappelle le saint Sauveur de Bethléem, remontent au temps de la conquête des Maures... et il y eut un de Belen parmi les compagnons du Cid Campeador.

La marquise ne put réprimer un sourire. Cet étalage de noblesse ne la touchait que fort médiocrement.

—De plus, continua le duc, je possède d'ores et déjà une grande fortune qui, j'en ai la conviction, doit s'accroître, dans un délai peu éloigné, de merveilleuse façon.

Merveilleuse était le mot propre, si de Belen comptait encore sur le trésor des Kmers.

—Mais, monsieur, fit la marquise, je ne vois pas en quoi ces détails....

—Vous allez me comprendre. Il est dans la vie des hommes un âge où la solitude devient un fardeau pesant; où, quel que soit le luxe qui vous environne, on se sent mal à l'aise si on n'a pas auprès de soi un être qui prenne sa part de ces joies et de ces splendeurs....

—D'accord....