—Certes, madame. J'ai déjà eu l'honneur de vous dire que je vous suppliais... de vouloir m'accorder la main de mademoiselle Lucie de Favereye....
La marquise se leva:
—A demande positive, dit-elle froidement, il faut réponse non moins catégorique: monsieur le duc de Belen, je ne mets pas en doute que vos aïeux n'aient combattu sous la bannière du Cid Campeador, je ne discute ni le chiffre de votre fortune, ni celui de vos espérances, mais j'ai le regret de vous déclarer que... je vous refuse la main de mademoiselle Lucie de Favereye....
Un double cri lui répondit.
Cri de rage de M. de Belen, cri de stupéfaction de Silvereal.
L'audace de la marquise épouvanta le baron.
De Belen, par un violent effort de volonté, reprit le premier son sang-froid.
—Madame, entre gens du monde, on adoucit d'ordinaire les formules, et je m'étonne que votre refus, puisque refus il y a, affecte des formes que je pourrais, ne vinssent-elles pas d'une femme, considérer comme une insulte....
Il tenait fixés sur la marquise ses yeux, qui étincelaient de fureur mal contenue.
Mais madame de Favereye ne baissait pas les yeux.