—Marie de Mauvillers, dit-il, Jacques a bien agi en ne doutant pas de moi... Son enfant sera le mien.

Mais Marie l'avait interrompu et lui avait raconté en sanglotant l'horrible scène dans laquelle Biscarre avait arraché de ses bras l'innocente créature, vouée désormais au malheur, et peut-être à l'infamie.

Et cependant, quand elle le quitta, elle se sentait plus forte. Elle retrouva en M. de Favereye l'austère probité, l'ardent amour de justice et de vérité qu'elle avait admirés en celui qu'elle avait perdu.

Mais un nouveau danger la menaçait.

M. de Mauvillers avait donné au régime de la Restauration des gages assez nombreux pour que désormais il pût aspirer aux plus hautes dignités. Il considérait que l'heure du payement avait sonné, et il présentait aux Tuileries la liste des assassinats juridiques qu'il avait commis, réclamant la récompense due à son cynisme.

La bienveillance royale ne lui fit pas défaut. Il fut compris dans une promotion à la pairie; et le roi, s'étant enquis de sa famille, daigna lui promettre de se préoccuper de l'avenir de mademoiselle de Mauvillers.

Peu de temps après, un des plus zélés courtisans des Tuileries sollicitait la main de Marie.

Certes, M. de Mauvillers n'était pas homme à hésiter. Le prétendant était, à vrai dire, une sorte de favori du roi. On disait même qu'il était fort bien aussi dans les papiers de certaine dame qui occupait à la cour un rang spécial, non officiel, mais qui n'en était que plus puissante.

Cette dernière raison était décisive pour l'honnête Mauvillers. Du bonheur de Marie, il se préoccupait fort peu. Et il lui notifia sa volonté. Elle résista tout d'abord, pleura, supplia, demandant à se retirer dans un couvent.

M. de Mauvillers fut naturellement inflexible.