»Il est un homme en qui j'ai, pour des raisons graves, la confiance la plus absolue: c'est à lui que je te lègue, toi, ma femme; je lui lègue aussi mon enfant.
»J'ai eu le bonheur de lui sauver la vie en des circonstances telles que nos coeurs sont unis à jamais, et que l'amitié la plus profonde lie nos deux âmes....
»Il se nomme le marquis de Favereye. C'est à lui que je t'envoie. Seul en ce monde, il connaît mon secret: il sait que ma vie tout entière t'appartenait et que tu étais la compagne sainte de celui qui va payer de sa vie sa fidélité à ses convictions.
»Rends-toi auprès de lui, suis ses conseils, quels qu'ils soient. Il sera le père de notre enfant. C'est une âme noble et belle, ouverte à toutes les délicatesses. Il te comprendra.
»Au moment de mourir, je t'adjure de m'obéir, et pour toi et pour celui que je n'aurai même pas embrassé.»
Tel était le testament de Jacques.
Marie n'avait pas hésité. Elle devait obéir.
Elle se rendit auprès de M. de Favereye.
Le marquis occupait dès cette époque un rang élevé dans la magistrature. Quand Marie lui remit la lettre écrite par Jacques, il laissa tomber sa tête dans ses mains et pleura.
Oui, il aimait Jacques comme un fils. Et sa mort lui avait porté un coup terrible.