Elle l'avait ressaisi. Il lui appartenait encore, à elle, à elle seule.
Qui donc aurait pu lutter contre la courtisane?
La douce figure de Pauline de Saussay disparut comme dans un brouillard.
La nuit vint, fiévreuse, avec ses ivresses malsaines et ses folles exaltations.
Jacques était de nouveau rivé à sa chaîne, plus forte, plus puissante, par l'effort qu'il avait fait pour la briser. L'étourdissement l'avait repris au cerveau, plus lourd, plus enivrant.
La journée du lendemain se passa sans incident. Isabelle s'était juré de ne plus quitter son amant d'une heure. Du reste, étant retombé sous son empire, il ne cherchait même plus à s'évader de sa honteuse prison. On eût dit que la pierre d'une tombe se fût abaissée sur lui.
Quarante-huit heures s'étaient écoulées depuis le moment où Jacques avait sauvé Pauline de Saussay. Il avait repris son attitude morne; il était environné de nouveau par cette atmosphère apathique qui l'étouffait.
Isabelle, étendue sur un sofa, somnolente, laissait errer sa pensée sans but.
Tout à coup la porte s'ouvrit violemment....
Et deux hommes parurent sur le seuil.