Bien que M. de Favereye fût depuis longtemps initié aux travaux du Club des Morts, jamais il n'avait assisté à ses séances.
Tous se levèrent dans l'attitude du respect.
Armand vint au-devant du vieillard.
—Nous sommes heureux, lui dit-il, que vous ayez bien voulu vous arracher à vos occupations pour vous rendre auprès de nous.
—J'accomplis un devoir sacré, dit le magistrat. Madame de Favereye a besoin de mon concours.
Armand regarda le marquis. Il ignorait la démarche faite par M. de Belen à l'hôtel de Favereye et les menaces qu'il avait proférées.
Ce secret lui avait été caché sur les conseils de M. de Favereye, afin que le Club pût conserver toute son impartialité dans le cas où les révélations attendues auraient trait au duc.
Le silence était profond: chacun sentait qu'il s'agissait d'intérêts graves.
—Messieurs, dit Armand, vous n'ignorez pas que la lutte engagée par nous contre ceux qui prennent le nom de Loups de Paris n'a pas réussi, comme nous l'espérions: le chef de cette terrible association nous a échappé, la dernière catastrophe a failli coûter la vie à deux des nôtres et encore avons-nous le regret de constater que la santé de sir Lionel Storigan a éprouvé une secousse dont peut-être les résultats se feront sentir longtemps encore.
»Cependant, nous avons maintenant la certitude que ce chef n'est autre qu'un certain Biscarre, déjà mêlé à la vie de plusieurs d'entre nous, et qui, sous le nom de Mancal, était parvenu à s'introduire dans la société. De plus, tout nous porte à croire que cet homme est encore vivant et que le jour n'est pas loin où son influence se fera sentir plus violente que jamais....