—Que voulez-vous dire? vous m'épouvantez....

—Écoutez, et, encore une fois, je vous en conjure, conservez votre sang-froid... Je continue. Qu'était devenu le banquier Estremoz? c'est ce que personne ne savait, quand parvint à Bordeaux la nouvelle de sa mort, en même temps qu'un acte authentique prouvait, ou du moins semblait prouver la réalité de cet événement. Or, il faut savoir que l'acte de décès avait été dressé par le consul de Macao, où, paraît-il, Estremoz était décédé.

La marquise de Favereye s'était dressée à son tour.

—Qui donc, s'écria-t-elle, était consul de Macao à l'époque où ce faux a été commis?

—C'était, en effet, un faux en écriture publique, reprit Armand sans répondre directement à la question de la marquise. Quant à l'acte en lui-même, j'en possède une copie authentique.

—Et quelle signature porte ce document? demanda M. de Favereye à son tour.

—Messieurs, dit Armand, vous savez que nos règlements s'opposent à ce que cette pièce soit communiquée à l'un des membres du Club des Morts sans que les autres en prennent également connaissance... De cette règle, nous ne nous sommes jamais départis... Cependant, au cas présent, je viens vous demander de déroger à cette obligation... et de communiquer à M. le marquis de Favereye l'acte de décès du banquier Estremoz....

Les membres du Club inclinèrent de la tête en signe d'assentiment.

Armand ouvrit un large portefeuille placé devant lui et en tira une feuille qu'il déplia.

—Lisez, monsieur de Favereye.