[PRIS DANS LA TOILE....]
Les magistrats, immédiatement avertis, arrivèrent bientôt à l'hôtel de Belen.
C'étaient un juge d'instruction, M. Varnay, qui, on s'en souvient peut-être, avait naguère procédé à l'interrogatoire de Diouloufait, et un substitut du procureur du roi, qui n'est pas non plus tout à fait inconnu du lecteur, ainsi qu'on le verra tout à l'heure.
Les premières constatations légales fournirent peu de renseignements. Il était évident que le crime avait eu le vol pour mobile, car un grand désordre régnait dans le cabinet du duc. Les objets précieux avaient été jetés à terre et brisés, sans doute pour hâter les recherches. Enfin, un meuble avait été fracturé et des papiers gisaient sur le plancher.
Armand et l'autre médecin continuaient à donner des soins à Silvereal, dont l'agonie se prolongeait.
Peu à peu même il semblait qu'une nouvelle force lui revint, et il avait déjà essayé de parler....
Ce n'était d'ailleurs, selon toute évidence, que le dernier effort de la nature, résistant à la mort.
—Avant d'interroger le jeune homme arrêté, dit M. Varnay, il serait bon d'entendre les premiers témoins... Quels sont-ils?...
—Monsieur le juge, répondit le commissaire, c'est d'abord le valet de chambre de M. de Belen qui couche dans une pièce voisine... puis le portier de l'hôtel, nommé Benoît....
—Appelez ces deux hommes. Quant à vous, messieurs, ajouta le magistrat en s'adressant à Archibald et à Martial, je vous prie de ne pas vous éloigner.