—Monsieur, maintenant que vous m'avez expliqué le motif de votre conduite envers moi, je vous pardonne les amères paroles que vous m'avez adressées... En fait, je les méritais en partie... Trop promptement je me suis laissé entraîner au mirage qui tout à coup s'était levé devant moi... Oui, je le comprends maintenant... j'ai été ébloui, enivré... et peut-être ai-je accepté trop tôt, sans l'avoir examiné avec assez de scrupules, cet étonnant changement de situation... Voici que vous m'apprenez la disparition et la fuite de celui qui a servi d'intermédiaire en cette étrange aventure... Vous supposez donc que j'étais son complice dans quelque ténébreuse machination dont vous craignez d'être la victime. Je ne puis vous répondre. Seulement je vous dis: Monsieur le duc, regardez-moi en face, les yeux dans les yeux, et répondez-moi franchement. Croyez-vous que je sois un malhonnête homme?
De Belen protesta vivement:
—Non! je ne le crois pas....
—Voici déjà qui me rend un peu de courage, et je vous jure que j'en ai besoin....
—Que comptez-vous faire?
—Vous le demandez... je veux interroger celui qui, le premier, m'a révélé le secret de ma naissance... je veux apprendre de lui tous les détails de cette affaire....
—Vous voulez parler de l'oncle Jean... de celui qui vous a élevé?...
—C'est un brave ouvrier... un entrepreneur, qui gagne sa vie par son travail....
—Vous ne le supposez pas complice de ce Mancal... donc, il aura été trompé comme vous... et ne saura rien de plus....
—Ne dites pas cela. Ne m'ôtez pas l'espoir... que dis-je!... à nous deux, nous retrouverons ce Mancal....