[2] Idem, XXXII.
Transformation inouïe, le farouche pirate cilicien devint l'heureux et paisible jardinier, Corycium senem, que chante Virgile; la ville de Tarse, en pleine Cilicie, fut, après la disparition de la piraterie, la grande ville savante de l'Orient, l'émule d'Alexandrie. Au siècle d'Auguste, ses écoles encyclopédiques, fréquentées par une studieuse jeunesse indigène, étaient tenues pour supérieures même à celles d'Alexandrie et d'Athènes; elles produisaient en abondance des maîtres habiles, surtout des philosophes, qui allaient porter leur science au dehors, à Rome, et jusque dans la famille des Césars[1]. Tarse fut la patrie du stoïcien Athénodore, précepteur de Tibère, et du grand apôtre saint Paul.
Citerai-je, après tant d'autres, les vers si connus des plus grands poètes de Rome, en l'honneur d'Auguste:
Tutus bos etenim prata præambulat,
Nutrit rura Ceres, almaque Faustitas;
Pacatum volitant per mare navitæ.
«Grâce à toi, dit Horace[2], le bœuf parcourt en paix les prairies; Cérès et la douce abondance fécondent nos champs; les navires volent sur la mer pacifiée.»
[1] Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions et belles-lettres, séance du 7 juillet 1876.
[2] Odes, liv. IV, 5.
Pour Virgile[1], Auguste est un dieu: