Voici ce que m'écrivait ce maître si délicatement attentif à tout ce qui marquait mes pas dans la carrière artistique:

«Paris, 12 avril 1873.

«Obligé de me rendre aujourd'hui à ma campagne, j'aurai peut-être le regret de ne pas vous voir avant votre départ. Dans le doute, je ne veux pas tarder à vous dire, mon cher ami, tout le plaisir que j'ai éprouvé hier soir, et combien j'ai été heureux de votre beau succès...

«Voilà une œuvre sérieuse, noble et touchante à la fois; elle est bien de notre temps, mais vous avez prouvé qu'on peut marcher dans la voie du progrès tout en restant clair, sobre et mesuré.

«Vous avez su émouvoir, parce que vous avez été ému.

«J'ai été pris comme tout le monde et plus que tout le monde.

«Vous avez rendu avec bonheur l'adorable poésie de ce drame sublime!

«Dans un sujet mystique où l'on est exposé à tomber dans l'abus des tons sombres et dans l'âpreté du style vous vous êtes montré coloriste en gardant le charme et la lumière...

«Soyez content, votre ouvrage reviendra et restera.

«Au revoir; je vous embrasse de tout cœur.