Halanzier, malgré les manifestations sympathiques dont l'ouvrage avait été l'objet aux répétitions par l'orchestre et tout le personnel, fit savoir que, jouant le premier ouvrage à l'Opéra d'un débutant dans ce théâtre, il voulait veiller seul à tout, jusqu'à la première représentation.
Je redis ici ma reconnaissance émue à ce directeur uniquement bon qui aimait la jeunesse et la protégeait!
La mise en scène, décors et costumes, était d'un luxe inouï; l'interprétation, de premier ordre...
La première du Roi de Lahore, qui eut lieu le 27 avril 1877, marque une date bien glorieuse dans ma vie.
Je rappelle, à ce propos, que le matin du 27 avril Gustave Flaubert laissa à ma domestique, sans même demander à me voir, sa carte, avec ces mots:
Je vous plains ce matin. Je vous envierai ce soir!
Que ces lignes peignent bien, n'est-il pas vrai? l'admirable pénétration d'esprit de celui qui a écrit Salammbô et l'immortel chef-d'œuvre qu'est Madame Bovary.
Et le lendemain matin, je reçus du célèbre architecte et grand artiste Charles Garnier les lignes suivantes:
«Je ne sais pas si c'est la salle qui fait de bonne musique; mais, sapristi! ce que je sais bien, c'est que je n'ai rien perdu de ton œuvre et que je la trouve admirable. Ça, c'est la vérité.
«Ton
«CARLO.»