—Manon Lescaut?
—Non: Manon... Cela dit tout:
—Puis-je entendre la musique?
—Quand vous voudrez.
—Ce soir?
—Impossible! Il est près de minuit...
—Comment? Je ne puis attendre jusqu'à demain. Je sens qu'il y a là quelque chose. Cherchez la partition. Vous me trouverez dans mon appartement (l'artiste habitait alors aux Champs-Élysées), le piano sera ouvert, le lustre allumé...
Ce qui fut dit fut fait.
Je rentrai chez moi prendre la partition. Quatre heures et demie sonnaient quand je chantai les dernières mesures de la mort de Manon.
Heilbronn, pendant cette audition, avait été attendrie jusqu'aux larmes. A travers ses pleurs, je l'entendais soupirer: «C'est ma vie... mais c'est ma vie, cela!...»