«CARLO.»

En 1903, après neuf années d'ostracisme, M. Albert Carré réveilla de nouveau l'ouvrage oublié. Avec son incomparable talent, son goût merveilleux et son art de lettré exquis, il sut présenter cette œuvre au public et ce fut, pour celui-ci, une véritable révélation.

Beaucoup d'acclamées artistes ont chanté le rôle depuis cette époque: Mlle Marié de l'Isle, qui fut la première Charlotte de la reprise et qui créa l'ouvrage avec son talent si beau et si personnel; puis Mlle Lamare, Cesbron, Wyns, Raveau, Mme de Nuovina, Vix, Hatto, Brohly et... d'autres, dont j'écrirai plus tard les noms.

A la reprise, due à M. Albert Carré, Werther eut la grande fortune d'avoir Léon Beyle comme protagoniste du rôle; plus tard, Edmond Clément et Salignac furent aussi les superbes et vibrants interprètes de cet ouvrage.

CHAPITRE XVIII
UNE ÉTOILE

Je reprends les événements au lendemain du désastre de l'Opéra-Comique.

On transporta l'Opéra-Comique, place du Châtelet, dans l'ancien théâtre dit des Nations, devenu plus tard Théâtre Sarah-Bernhardt. M. Paravey en fut nommé directeur. J'avais connu M. Paravey alors qu'il dirigeait, avec un réel talent, le Grand-Théâtre de Nantes.

Hartmann lui offrit deux ouvrages: Le roi d'Ys, d'Édouard Lalo, et mon Werther, en souffrance.

J'étais si découragé, que je préférais attendre pour laisser voir le jour à cet ouvrage.

Sa genèse et sa destinée vous sont connues par ce que je viens d'en dire.