Un autre littérateur, Helius Eobanus Hessus, le presse de s'armer pour Luther. «Franz y sera pour nous soutenir, et tous deux, je le prédis, vous serez la foudre qui écrasera le monstre de Rome.» (Hutten op. IV, 309.)
[a31] Page 65, ligne 13.—Sauf-conduit...
«Charles, par la grâce de Dieu, etc. Révérend, cher et pieux docteur! Nous et les États du Saint-Empire, ici rassemblés, ayant résolu de nous informer de ta doctrine et des livres que tu as publiés depuis un certain temps, nous t'avons donné et t'envoyons ci-joints la garantie et le sauf-conduit de l'Empire pour venir ici et retourner ensuite en lieu de sûreté; c'est notre volonté très précise que tu te rendes auprès de nous dans les vingt et un jours que porte ledit sauf-conduit, sans craindre violence ni dommage aucun... Donné en notre ville libre de Worms, le sixième jour du mois de mars 1521, dans la seconde année de notre règne. Signé de la main de l'archichancelier.» (Luth. Werke, IX, p. 106.)
[a32] Page 68, ligne 14.—J'avais tiré un grand éclat de tout cela...
Spalatin raconte dans ses annales (p. 50) que le second jour où Luther avait comparu, l'électeur de Saxe, revenant de la maison de la ville, fit appeler Spalatin dans sa chambre et lui exprima dans quelle surprise il était: «Le docteur Martin a bien parlé devant l'Empereur et les princes et états de l'Empire, seulement il a été trop hardi.» (Marheinecke, histoire de la Réforme, I, 264.)
«Cependant Luther recevait continuellement la visite d'un grand nombre de princes, de comtes et autres personnes de distinction. Le mercredi suivant (huit jours après sa première comparution) il fut invité par l'archevêque de Trèves à se rendre chez lui. Il y vint avec plusieurs de ses amis et y trouva, outre l'archevêque, le margrave de Brandebourg, le duc George de Saxe, le grand-maître de l'ordre Teutonique, et un grand nombre d'ecclésiastiques. Le chancelier du margrave de Bade prit la parole, et l'engagea, avec beaucoup d'éloquence, à entrer dans de meilleures voies; il défendit l'autorité des conciles, et essaya d'alarmer Luther sur l'influence que son livre de la Liberté chrétienne allait avoir sur le peuple, déjà si disposé à la sédition. «Il faut aujourd'hui des lois et des établissemens humains, dit-il, nous ne sommes plus au temps où tous les fidèles n'étaient qu'un cœur et un esprit.» Il finit par menacer Luther de la colère de l'Empereur qui allait infailliblement l'accabler.—Luther, dans sa réponse, remercia les assistans de l'intérêt qu'ils prenaient à lui et des conseils qu'ils lui faisaient donner. Il dit qu'il était loin de blâmer tous les conciles, mais que celui de Constance avait condamné formellement un article de la foi chrétienne, qu'il ferait tout plutôt que de rétracter la parole de Dieu, qu'il prêchait sans cesse au peuple la soumission à l'autorité; mais qu'en matière de foi il fallait obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Cela dit, il se retira et les princes délibérèrent. Quand il fut rappelé, le chancelier de Bade répéta une partie de ce qu'il avait déjà dit et l'exhorta finalement à soumettre ses livres au jugement de Sa Majesté et de l'Empire. Luther répondit, avec modestie, qu'il ne lui convenait point de se soustraire au jugement de l'Empereur, des Électeurs et des États qu'il révérait; il voulait s'y soumettre, mais à la condition que l'examen se ferait selon le texte de l'Écriture sainte: «Car, ajouta-t-il, ce texte est si clair pour moi que je ne puis céder, à moins qu'on ne prouve, par l'Écriture même, l'erreur de mon interprétation.» Alors les princes se retirèrent pour se rendre à la maison de ville, et l'archevêque resta avec son official et Cochlæus pour renouveler ses tentatives auprès de Luther, qui avait de son côté le docteur Schurff et Nicolas Amsdorf. Tout échoua.
Néanmoins l'Empereur, à la prière de l'archevêque, prolongea de deux jours le sauf-conduit de Luther pour donner le temps d'entamer de nouvelles conférences. Il y en eut encore quatre, mais elles n'eurent pas plus de succès.» (Luth. Werke, IX. 110.)
[a33] Page 78, ligne 4.—Dans la dernière conférence...
Luther termina cette conférence en disant: «En ce qui touche la parole de Dieu et la foi, tout chrétien est juge lui-même, aussi bien que le pape, car il faut que chacun vive et meure selon cette foi. La parole de Dieu est une propriété de la commune entière. Chacun de ses membres peut l'expliquer. «Je citai à l'appui, continue Luther, le passage de saint Paul, I. Cor. xiv, où il est dit: Revelatum assidenti si fuerit, prior taceat. Ce texte prouve clairement que le maître doit suivre le disciple, si celui-ci entend mieux la parole de Dieu. Ils ne purent réfuter ce témoignage, et nous nous séparâmes.» (Luth. Werke, IX, p. 117.)
[a34] Page 89, ligne 16.—Il trouva peu de livres à Wartbourg. Il se mit à l'étude du grec et de l'hébreu...