«Anne Craswytzinne échappée de ses liens, à Leusselitz, est venue habiter avec nous. Elle a épousé Jean Scheydewind, et me charge de te saluer doucement en son nom, et avec elle trois autres, Barbe Rockenberg, Catherine Taubenheim, Marguerite Hirstorf.» (11 janvier 1525.)

A Spalatin. «Si tu ne le sais pas encore, tous les prêtres d'ici ne se contentent pas de mener une conduite sacrilége; ce sont des cœurs endurcis, des contempteurs de Dieu et des hommes, qui passent presque toutes les nuits avec des prostituées... J'ai dit hautement que, si dans leur impiété, nous devons les tolérer, il est du devoir du magistrat de s'opposer à leurs débauches ou de les contraindre au mariage... Tu craignais dernièrement qu'on ne pût accuser l'Électeur de favoriser ouvertement les prêtres mariés.» (2 janvier 1523.)

(27 mars 1525.) A Wolfgang Reissenbach, précepteur à Lichtenberg. «... Mon cher, ne volons pas plus haut, et ne prétendons pas mieux faire qu'Abraham, David, Isaïe, saint Pierre, saint Paul, et tous les patriarches, prophètes et apôtres, ainsi que tant de saints martyrs et évêques qui tous ont reconnu sans honte qu'ils étaient des hommes créés par Dieu, et qui, fidèles à sa parole, ne sont pas restés seuls. Qui a honte du mariage, a honte d'être homme. Nous ne pouvons nous faire autres que Dieu n'a voulu que nous soyons. Enfans d'Adam, nous devons à notre tour laisser des enfans.—O folie! nous voyons tous les jours quelle peine il en coûte pour rester chaste dans le mariage même, et nous rejetons encore le mariage! Nous tentons Dieu outre mesure, par nos vœux insensés, et nous préparons la voie à Satan...»

[a55] Page 146, ligne 3.—Cette époque de la vie de Luther (1521-1528) fut prodigieusement affairée...

A Frédéric de Nuremberg. «Si j'ai tant différé à te féliciter sur ton mariage, tu peux croire que j'en ai eu juste raison, avec les distractions d'une santé si variable, tant de livres à publier, de lettres à écrire, de sujets à traiter, de devoirs envers mes amis, et en nombre incroyable et infini, accablé d'un orage et d'un déluge d'affaires..... Le 17 janvier, à souper et à la hâte. Tu pardonneras à ma loquacité, peut-être aussi au souper, bien que je ne sois pas ivre.» (1525.)

Au milieu de toutes ces affaires, il entretenait correspondance avec Christiern II.

A Spalatin. «Les porteurs sont rares, sans quoi je t'aurais envoyé depuis long-temps les tristes lettres du roi Christiern, aujourd'hui le plus malheureux des hommes, et ne vivant plus que pour Christ.» (27 mars 1526.)

A Mélanchton. «Rien de nouveau, si ce n'est une lettre du roi de Suède Christiern qu'il nous adresse à tous les deux avec une petite coupe d'argent; il nous demande de ne pas croire ceux qui le représenteraient comme un déserteur de l'Évangile.» (novembre 1540.)

Il lui fallait encore veiller, par toute l'Allemagne, sur les intérêts des réformés. La commune réformée de Miltenberg (en Franconie) était opprimée par les officiers de l'électeur de Mayence. Toute correspondance avec cette ville avait été interrompue. Luther adressa aux habitans une lettre de consolation qu'il fit imprimer pour qu'elle pût leur parvenir. Il en avertit l'Électeur, et lui demanda «si ses officiers n'abusaient pas de son nom.» (14 février 1524.)

En 1528, une religieuse de Freyberg s'adresse à lui pour qu'il l'enlève de son couvent, et la conduise en Saxe. (29 juin 1528.)—«Occupatissimus scribo visitator, lector, prædicator, scriptor, auditor, actor, cursor, procurator, et quid non?» (29 octobre 1528.)