[a56] Page 146, ligne 26.—Son ancien ami Carlostad...
Carlostad était chanoine et archidiacre dans l'église collégiale de tous les saints; il en était doyen lorsque Luther fut reçu docteur en 1512. (Seckendorf, liv. I, 72.)
[a57] Page 147, ligne 5.—Derrière Carlostad on entrevoyait Münzer...
Lettre du docteur Martin Luther aux chrétiens d'Anvers «...... Nous avions cru, tant que dura le règne du pape, que les esprits de bruit et de vacarme, qui se font souvent entendre la nuit, étaient des âmes d'hommes qui, après la mort, revenaient et rôdaient pour expier leurs péchés. Cette erreur, Dieu merci, a été découverte par l'Évangile, et l'on sait à présent que ce ne sont pas des âmes d'hommes, mais rien autre que des diables malicieux qui trompaient les gens par de fausses réponses. Ce sont eux qui ont mis dans le monde tant d'idolâtrie.
»Le diable voyant que ce genre de vacarme ne peut continuer, il lui faut du nouveau; il se met à faire rage dans ses membres, je veux dire dans les impies, à travers lesquels il se fait jour par toute sorte de vanités chimériques et de doctrines extravagantes. Celui-ci ne veut plus de baptême, celui-là nie la vertu de l'eucharistie; un troisième met encore un monde entre celui-ci et le jugement dernier; d'autres enseignent que Jésus-Christ n'est pas Dieu; les uns disent ceci, les autres cela, et il y a presque autant de sectes et de croyances que de têtes.
»Il faut que j'en cite un pour exemple, car j'ai bien à faire avec ces sortes d'esprits. Il n'est personne qui ne prétende être plus savant que Luther; c'est contre moi qu'ils veulent tous gagner leurs éperons. Et plût au ciel qu'ils fussent ce qu'ils pensent être, et que moi je ne fusse rien! Celui-là donc m'assurait entre autres choses qu'il était envoyé vers moi par le Dieu qui a créé le ciel et la terre; il en disait des choses magnifiques, mais le manant perçait toujours.
»Enfin il m'ordonna de lui lire les livres de Moïse. Je lui demandai un signe qui confirmât cet ordre. C'est, dit-il, écrit dans l'Évangile de saint Jean. Alors j'en eus assez et je lui dis de revenir une autre fois, que nous n'aurions pas le temps de lire pour cette fois les livres de Moïse...
»Il m'en faut bien entendre dans une année, de ces pauvres gens. Le diable ne peut pas m'approcher de plus près. Jusqu'ici le monde avait été plein de ces esprits bruyans sans corps, qui se donnaient pour des âmes d'hommes; maintenant ils ont des corps et se donnent tous pour des anges vivans...
»Quand le pape régnait, on n'entendait point parler de troubles; le Fort (le diable) était en paix dans sa forteresse; mais à présent qu'un plus fort est venu qui prévaut contre lui et qui le chasse, comme dit l'Évangile, il tempête et sort avec fureur et fracas.
»Chers amis, il est venu aussi parmi vous un de ces esprits de vacarme qui ont chair et sang. Il veut vous égarer dans les inventions de son orgueil; gardez-vous de lui.