«Tourne, tourne, tourne,

»Bon gré, mal gré, tu dois tourner.»

(Strobel, Mémoires sur la littérature du seizième siècle, II, p. 44.—Wachsmuth, p. 55.)

Les paysans s'étaient vantés que leur conseil général durerait cent et un an.—Après la prise de Weinsberg, ils décidèrent dans ce conseil de ne plus accorder la vie à aucun prince, comte, baron, noble, chevalier, prêtre, ou moine, «en un mot à aucun des hommes qui vivent dans l'oisiveté.» En effet, ils massacrèrent tous les nobles faits prisonniers, pour venger, disaient-ils, la mort de leurs frères de Souabe... Parmi ces nobles, tués par les paysans, se trouvait le mari d'une fille naturelle de l'empereur Maximilien; ils la conduisirent elle-même à Heilbronn dans un tombereau à fumier. Ils détruisirent un grand nombre de couvens; dans la seule Franconie deux cent quatre-vingt-treize monastères ou châteaux furent dévastés.

Lorsqu'ils pillaient un château ou un monastère, ils ne manquaient jamais de courir d'abord au cellier pour y boire le vin, puis ils se partageaient entre eux les ornemens d'église et les habits pontificaux. (Haarer [Petrus Crinitus], apud Freher, III, 242-6.)—Au monastère d'Erbach, dans le Rhingaw, il y avait une immense cuve contenant quatre-vingt-quatre grands muids de vin. Elle était pleine quand les paysans arrivèrent; ils n'en laissèrent pas un tiers. (Cochlæus, p. 108.)

Ils forçaient les seigneurs de leur envoyer leurs paysans. Le conseil-commun, leur écrivaient-ils, a décidé que vous réuniriez votre peuple et que vous nous enverriez les hommes, après les avoir armés. Si vous ne le faites, tenez pour certain que vous serez très incertain de votre vie et de vos biens.—(Haarer, apud Freher, t. III, p. 247.)

Les femmes prirent part à la guerre des paysans. Du côté de Heilbronn, elles marchaient réunies sous une bannière. (Jæger, Histoire de Heilbronn, II, p. 34.)

»Quand les paysans menèrent le comte de Lœwenstein par Weinsberg, il fut respectueusement salué d'un passant. Un vieux paysan qui le vit, s'avança aussitôt avec sa hallebarde, et dit au passant: «Pourquoi t'inclines-tu? Je vaux autant que lui.» (Jæger, Histoire de Heilbronn, II, p. 32.)—Les paysans s'amusaient à faire ôter les chapeaux aux nobles devant eux.

Les paysans de l'évêché de Wurzbourg, conduits par un homme de tête, nommé Jacques Kohl, demandèrent que les châteaux fussent démolis et qu'aucun noble ne pût avoir de cheval de guerre. Ils voulaient que les nobles n'eussent d'autre droit que le droit commun. (Stumpf, Faits mémorables de l'histoire de la Franconie, t. II, 44. Wachsmuth, p. 58, 72.)

«Lorsque Münzer était à Zwickau, il vint trouver une belle fille, et lui dit qu'il était envoyé vers elle par une voix divine pour dormir avec elle; sans cela il ne pouvait enseigner la parole de Dieu. La fille l'avoua en confession sur son lit de mort. (Tischred., p. 292.)