«Il nous est arrivé de Kœnigsberg un prédicateur qui veut faire je ne sais quelles lois sur les cloches, les cierges, et autres choses semblables... Il n'est pas bon de prêcher trop souvent, j'apprends que chaque dimanche on fait trois sermons à Kœnigsberg. Qu'est-il besoin? deux suffiraient; et pour toute la semaine, ce serait assez de deux ou trois. Lorsqu'on prêche chaque jour, on monte en chaire sans avoir médité son sujet, et l'on dit tout ce qui vient à la bouche; s'il ne vient rien de bon, on dit des platitudes et des injures.—Plaise à Dieu de modérer les langues et les esprits de nos prédicateurs. Ce prédicateur de Kœnigsberg est trop véhément, il a toujours des paroles sombres, tragiques, et des plaintes amères pour les moindres choses.» (16 juillet 1528.)
«Si je voulais devenir riche, je n'aurais qu'à ne plus prêcher, je n'aurais qu'à me faire bateleur; je trouverais plus de gens qui voudraient me voir pour de l'argent, que je n'ai d'auditeurs aujourd'hui.» (Tischr., p. 186.)
[a80] Page 220, ligne 19.—Honorons le mariage...
Le 25 mai 1524, il écrivait déjà à Capiton et Bucer: «J'aime fort ces mariages que vous faites de prêtres, de moines et de nonnes; j'aime cet appel des maris contre l'évêque de Satan, j'aime les choix qu'on a faits pour les paroisses. Que dirai-je, je n'ai rien appris de vous dont je n'aie une joie extrême. Poursuivez seulement et avancez en prospérité... Je dirai plus, on a dans ces dernières années, fait assez de concessions aux faibles. D'ailleurs, puisqu'ils s'endurcissent de jour en jour, il faut agir et parler en toute liberté. Je vais enfin songer moi-même à rejeter le froc, que j'ai gardé jusqu'à présent pour le soutien des faibles et en dérision du pape.» (25 mai 1524.)
[a81] Page 222, ligne 6.—Je n'ai point voulu refuser de donner à mon père l'espoir d'une postérité...
«L'affaire des paysans a rendu courage aux papistes et fait tort à la cause de l'Évangile; il nous faut, nous aussi, porter plus haut la tête. C'est dans ce but que pour ne plus attester l'Évangile de paroles seulement, mais par mes actions, je viens d'épouser une nonne. Mes ennemis triomphaient, ils criaient: Io! io! J'ai voulu leur prouver que je n'étais pas encore disposé à faire retraite, quoique vieux et faible. Et je ferai d'autres choses encore, je l'espère, qui troubleront leur joie et appuieront mes paroles.» (16 août 1525.)
Le docteur Eck publia un recueil intitulé: Epithalamia festiva in Lutherum, Hessum (Urbanum Regium) et id genus nuptiatorum. On y trouve entre autres pièces une hymne de dix-neuf strophes, intitulée: Hymnus paranymphorum, et commençant par ces mots: Io! io! io! io! gaudeamus cum jubilo, etc.; une Additio dithyrambica ad epithalamium Mart. Lutheri, dans le même mètre; un Epithalamium Mart. Lutheri en hexamètres commençant ainsi: Dic mihi, musa, novum, etc. Hasemberg fit sur le même sujet une satire intitulée: Ludus ludentem Luderum ludens.
Luther y répondit par différentes pièces dont le recueil fut imprimé sous le titre: La fable du lion et de l'âne.
Luther était à peine marié, que ses ennemis répandirent le bruit que sa femme venait d'accoucher. Érasme accueillit ce bruit avec empressement et se hâta d'en faire part à ses correspondans; mais il se vit obligé plus tard de le démentir. (Ukert, I, 189-192.)
[a82] Page 225, ligne 6.—Tous les jours les dettes nous enveloppent davantage...