Ils cherchaient cependant, à ce qu'il semble, à se défaire de lui par le poison.
(Janvier et février 1525.) Luther parle dans deux lettres différentes, de juifs polonais, qui auraient été envoyés à Wittemberg pour l'empoisonner (Judæi qui mihi venenum paravere), moyennant le prix de 2000 ducats. Comme ils ne dénoncèrent personne dans leur interrogatoire, on allait les mettre à la torture, mais Luther ne le souffrit point, et il s'employa même à les faire mettre en liberté, quoiqu'il n'eût aucun doute sur le nom de l'instigateur.
«Ils ont promis de l'or à ceux qui me tueraient, c'est ainsi qu'aujourd'hui combat, règne et triomphe le saint-siége apostolique, le régulateur de la foi, la mère des églises.» (Cochlæus, p. 25.)
Un Italien de Sienne mangea avec le docteur Martin Luther, causa beaucoup avec lui, et resta à Wittemberg quelques semaines, peut-être pour savoir comment les choses s'y passaient. (Tischr. p. 416.)
Des tentatives d'un autre genre eurent aussi lieu.
«Mathieu Lang, évêque de Salzbourg, m'a recherché d'une manière si singulière, que sans l'assistance particulière de notre Seigneur, j'eusse été pris. En 1525, il m'envoya par un docteur vingt florins d'or, et les fit donner à ma Catherine, mais je n'en voulus rien prendre. C'est avec l'argent que cet évêque a pris tous les juristes, de sorte qu'ils disent ensuite: Ah! c'est un seigneur qui pense bien. Lui cependant, se tient tranquille et rit en tapinois. Une fois il envoya à un curé qui prêchait l'Évangile, une pièce de Damas, pour qu'il se rétractât, et il dit ensuite: Est-il possible que ces luthériens soient de si grands fripons, qu'ils fassent tout pour de l'argent?» (Tischreden, p. 274, verso.)
Mélanchton, qui ne rompit jamais avec les lettrés de la cour pontificale, fut pendant quelque temps soupçonné d'avoir reçu des offres.
Un jour, on apporta une lettre de Sadolet à Sturmius, dans laquelle il flattait Mélanchton. Luther disait: «Si Philippe voulait s'arranger avec eux, il deviendrait aisément cardinal, et n'en garderait pas moins sa femme et ses enfans.
»Sadolet, qui a été quinze ans au service du pape, est un homme plein d'esprit et de science; il a écrit à maître Philippe Mélanchton le plus amicalement du monde, à la manière de ces Italiens, peut-être dans l'espoir de l'attirer à eux, au moyen d'un cardinalat. Il l'a fait sans doute par l'ordre du pape, car ces messieurs sont inquiets; ils ne savent comment s'y prendre.—Le même Sadolet n'a aucune intelligence de l'Écriture, comme on le voit dans son commentaire sur le psaume 51. Les papistes n'y entendent plus rien, ils ne sont plus capables de gouverner une seule église; ils se tiennent fiers et raides dans le gouvernement et crient: Les décisions des Pères ne comportent point de doute.»
[a85] Page 239, ligne 6.—Persécution...