»Je ne compte point sur nos murs, ni sur nos arquebuses, mais sur le Pater noster[r224]. C'est là ce qui battra les Turcs; le décalogue n'y suffit pas.»
Luther dit qu'après avoir depuis long-temps désiré de connaître l'Alcoran, il en trouva enfin une mauvaise version latine de 1300, et qu'il la traduisit en allemand, afin de mieux faire connaître l'imposture de Mahomet[r225]. Dans son «Instruction tirée de l'Alcoran,» il prouve que ce n'est point Mahomet qui est l'Anti-Christ (car l'imposture, dit-il, est trop visible en celui-ci), mais plutôt le pape avec son hypocrisie.—«Il y a trois ans qu'un moine du pays des Maures vint ici. Nous disputâmes avec lui par l'intermédiaire d'un interprète, et comme il fut confondu en tous points par la Parole de Dieu, il dit à la fin: «C'est là une bonne croyance.»
Les juifs, à titre de juifs et d'usuriers, étaient fort mal avec Luther.
«Nous ne devons pas souffrir les juifs parmi nous. On ne doit ni boire ni manger avec eux.—Cependant, dit quelqu'un, il est écrit que les juifs seront convertis avant le Jugement...—Et il est écrit aussi, dit la femme de Luther, qu'il n'y aura qu'une bergerie et un berger.—Oui, chère Catherine, dit le docteur. Mais cela s'est déjà accompli, lorsque les païens ont embrassé l'Évangile.» (Tischr., p. 431.)
«Si j'étais à la place des seigneurs de **, je ferais venir ensemble tous les juifs, et je leur demanderais pourquoi ils appellent Christ un fils de p..., et sainte Marie une coureuse. S'ils parvenaient à le prouver, je leur donnerais cent florins; sinon je leur arracherais la langue.» (Tischr., p. 431, verso.)
[a63] Page 127, ligne 24.—Je ne puis nier que je ne sois violent...
Érasme disait: «Luther est insatiable d'injures et de violences; c'est comme Oreste furieux.» (Erasm., Epist. non sobria Luther.)
[a64] Page 142, ligne 9.—Le droit impérial ne tient plus qu'à un fil...
Cependant Luther le préférait encore au droit saxon.
«Le docteur Luther parlant de la grande barbarie et dureté du droit saxon, disait que les choses iraient au mieux si le droit impérial était suivi dans tout l'Empire. Mais l'opinion s'est établie à la cour, que le changement ne pouvait se faire sans grande confusion et grande dévastation.» (Tischreden, page 412.)