Quelque temps après cette diète, Luther écrivit la consultation suivante: «D'abord il serait bon que notre parti, à l'exclusion des zwingliens, parlât pour lui seul.
»En second lieu, qu'on écrivît à l'Empereur, et que les bienfaits du prince (l'électeur de Saxe), envers l'Église et l'État, fussent amplifiés, célébrés, etc. Il faudrait rappeler: 1o Qu'il a fait enseigner, de la manière la plus pure, le Christ et sa foi, comme on ne l'a jamais enseigné depuis mille ans; qu'il a aboli une foule d'abus et de monstruosités nuisibles à l'Église et à l'État, comme les marchés de messes, les abus des indulgences, les violences de l'excommunication, et tant d'autres choses qui leur ont paru à eux-mêmes intolérables, et dont la noblesse a exigé l'abolition à Worms.
»2o Qu'il a résisté aux séditieux, à ceux qui violaient les images et les églises.
»3o Que la dignité impériale a été par lui honorée, glorifiée, réformée, plus qu'on ne l'avait fait en plusieurs siècles.
»4o Que nous avons fait et supporté les plus grandes choses contre les partisans de Münzer, pour sauver la majesté et la paix publique.
»5o Que c'est nous, et non d'autres, qui avons réprimé les sacramentaires; que sans nous les papistes eussent été écrasés.
»6o Que nous avons de même réprimé les anabaptistes.
»7o Qu'en outre, nous avons étouffé les mauvais germes que de méchantes gens avaient répandus en divers endroits sur la sainte Trinité, sur la foi du Christ, etc. Je parle d'Érasme, d'Egranus et de leurs pareils.» (mai 1529.)
[a9] Page 7, ligne 28.—Le parti de la Réforme éclata...
Luther essaya encore de retenir les siens; le 22 mai 1529, il écrivit à l'Électeur pour le dissuader d'entrer dans aucune ligue contre l'Empereur, et l'exhorter à s'en remettre à la protection divine. Dans une lettre à Agricola, il approuva la conduite prudente de l'Électeur à l'égard de l'Empereur: «Notre prince a bien fait de reconnaître un seigneur dans une ville étrangère, et de n'avoir point cherché à être le maître, comme il aurait pu le faire. Christ a dit: Si vous êtes persécuté dans une ville, fuyez dans une autre; et encore: Sortez de cette maison. Ainsi je pense que notre prince, comme un membre qui ne peut se séparer du corps, ne devait point rompre avec César. Mais par son silence il a comme fui dans une autre ville, il est sorti de cette maison.» (30 juin 1530.)