Dès le commencement des conférences, Luther avait prévu qu'elles ne mèneraient à rien. Il se défiait même de la fermeté de Bucer et du landgrave de Hesse. Il dit dans une lettre au chancelier Brück: «Je crains que le Landgrave ne se laisse entraîner trop loin par les papistes, et qu'il ne veuille nous entraîner avec lui. Mais il nous a déjà suffisamment tiraillés et je ne me laisserai plus mener par lui. Je reprendrais plutôt tout le fardeau sur mes épaules, et je marcherais seul, à mes risques et périls, comme dans le commencement. Nous savons que c'est la cause de Dieu; c'est lui qui nous a suscités, qui nous a conduits jusqu'ici, il saura bien faire triompher sa cause. Ceux qui ne voudront pas nous suivre, n'ont qu'à rester en arrière. Ni l'Empereur, ni le Turc, ni tous les Démons ensemble, ne pourront rien contre cette cause, quoi qu'il en puisse advenir de nous et de ce corps mortel.—Je m'indigne qu'ils traitent ces affaires comme des affaires mondaines, des affaires d'Empereur, de Turcs, de princes, dans lesquelles on puisse transiger à volonté, avancer ou reculer. C'est une cause dans laquelle Dieu et Satan combattent avec tous leurs anges. Ceux qui ne le croient pas, ne peuvent pas la défendre.» (avril 1541.)

[a35] Page 59, ligne 24.—Je suis indigné qu'on se joue ainsi de si grandes choses...

«Je vais à Haguenau; je verrai de près ce formidable Syrien, ce Behemoth dont se rit, au psaume II, l'habitant du ciel... Mais ils ne comprendront point ce rire, jusqu'au moment où finira ce chant funèbre: Vous périrez dans la route, quand se lèvera sa colère, parce qu'ils ont refusé un baiser au Fils (peribitis in viâ, cum exarserit ira ejus, quia Filium nolunt osculari).—Amen, amen, que cela arrive. Ils l'ont mérité, ils l'ont voulu.» (2 juillet 1540.)

[a36] Page 64, ligne 15.—Fait à Wittemberg...

On trouve dans les Propos de table, p. 320:

«Le mariage secret des princes et des grands seigneurs est un vrai mariage, devant Dieu; il n'est pas sans analogie avec le concubinat des patriarches.» (Ceci expliquerait la consultation en faveur du Landgrave.)

[a37] Page 65, ligne 19.—Depuis cette époque, les lettres de Luther, comme celles de Mélanchton, sont pleines de dégoût et de tristesse.

«L'ingratitude des hommes, c'est le cachet d'une bonne œuvre; si nos efforts plaisaient au monde, à coup sûr ils ne seraient point agréables à Dieu.» (6 août 1539.)

«La tristesse et la mélancolie viennent de Satan; c'est pour moi une chose sûre. Dieu n'afflige, ni n'effraie, ni ne tue; il est le Dieu des vivans. Il a envoyé son fils unique, pour que nous vivions par lui, pour qu'il surmonte la mort. C'est pourquoi l'Écriture dit: Soyez contens et joyeux, etc.» (Tischreden, p. 205, verso.)

Sur la tristesse.—«Vous ne pouvez empêcher, disait un sage, que les oiseaux ne volent au-dessus de votre tête; mais vous empêcherez qu'ils ne fassent leurs nids dans vos cheveux.» (19 juin 1530.)